Helleborus et Alchémille

Elana Wolff

Translated by: Stéphanie Roesler

Helleborus

Abattue

          tête, ligotée

cœur, elle se courbe vers le sol

à l’odeur de faune, réconfort de la terre.

 

                   S’il n’y avait

          de vrais démons

elle pourrait vite se décider pour la lumière.

 

                   Le vent claque,

          les ombres se divisent

et se répandent

dans les arbres insolites :

                   Glyphes et sigils,

Sigils et glyphes.

 

Le soleil dans son sang ne suffit pas –

          Elle se penche vers l’héliopsis,

                   rose de carême;

elle enfonce ses doigts dans le sol,

tapote une surface vitreuse.

 

Lentement, une heure durant,

          ouvre une fenêtre

                   dans la terre.

Un vernis de savon sur le verre

fige la vue.


Alchémille

Fleurs brunes : l’Alchémille,

Lady’s Mantle,             

se fait automnale –                           

                        fraise froncée, autrefois étoile      

                                         couleur chartreuse.

 

La poésie est dans ses plis,

                            l’utilité fait sa beauté –

elle retient la pluie en gouttelettes sur ses manches.

 

Au Moyen-Âge, on appelait sursis cette économie.

          Une décoction de ses racines

servait à guérir les plaies

                     et une teinture démêlait le sommeil.

 

Le mythe chatoyant

Elana Wolff
has published six books with Guernica, including You Speak to Me in Trees, awarded the 2008 F.G. Bressani Prize for Poetry, and Startled Night, recently long-listed for the 2011 ReLit Poetry Award. A bilingual collection of her poems is forthcoming with Éditions du Noroît.
Stéphanie Roesler
est postdoctorante en traductologie à l’Université Concordia et traductrice passionnée de poésie. Elle vient d’achever un recueil de traductions de poèmes d’Elana Wolff, à paraître aux éditions du Noroît en 2013, dont quatre sont parues dans Contemporary Verse 2 en 2011 et deux sont présentées ici.