La femme articulée

Paul Glennon

Translated by: Maxime Bédard

Original text: "The Manikin "


Artwork by Luigi Badacci

Si j’avais alors interprété comme une métaphore la découverte que j’ai faite il y a six mois, notre mariage n’aurait pas duré tout ce temps; cependant, on ne peut pas se permettre de mener sa vie comme s’il s’agissait d’une allégorie. Il nous faut braver l’horrible nature concrète des choses, ou autrement risquer que des trains nous passent sur le corps − ces trains qui, pour nous, existaient seulement pour signifier le passage du temps, l’avancement du progrès, la rupture de l’homme moderne avec la nature ou peut-être, simplement, un acte sexuel implicite. Or, me voilà qui essaie d’éluder le problème. Et pas uniquement par déni, quoiqu’il en soit certainement question. Par embarras, aussi. En fait, il m’est difficile de dire ce qui doit être dit parce que les faits sont hautement improbables. J’ai peur de paraître idiot, mais je suppose que je n’ai pas le choix.

Il y a six mois, ou, si tu préfères, il y a exactement cent quatre-vingt-huit jours, je me suis rendu compte que tu étais en bois.

         Tu vois, sur papier, la situation a l’air encore plus stupide que je ne le croyais. Laissemoi ajouter à ma stupidité en te décrivant précisément la découverte que j’ai faite. Je me suis réveillé juste à côté de toi, comme chaque matin, une torsade de draps et de membres. Ce n’était pas la première fois que le dur choc de nos tibias emmêlés nous sortait d’un sommeil agréable. J’ai simplement grommelé de douleur et me suis soulevé dans le lit pour contempler la forme, que je savais superbe, de ton corps imprimée dans les draps. Puis j’ai refermé les yeux et me suis pelotonné contre toi. Dans cet état d’éveil soudain, mes sens me dominaient complètement. Tout était plus clair et pénétrant que lorsque les pensées s’activent. Mes mains qui couraient sur tes biceps et tes épaules ne sentaient pas, comme à l’habitude, le léger coussin de ton duvet. Elles glissaient sur une surface lisse et vernie de bois dur. Le plus étonnant toutefois, c’était que mes mains, elles, n’étaient pas surprises de cette sensation. Elles avaient toujours senti cela. Peu importe l’insistance que j’y mettais, mes doigts ne pouvaient pas se souvenir d’un temps où ils avaient senti ta peau d’une autre façon. En fait, la découverte se faisait dans ma conscience seulement. Mes sens savaient depuis toujours ce qu’il en était. La sensation du bois tenait maintenant mon esprit en éveil. Comment avais-je pu ne pas la remarquer avant? J’ai ouvert les yeux bien grands et me suis obligé à t’examiner comme il le fallait.

         Toi, tu continuais à dormir. J’ai suivi des yeux ta symétrie simple; j’ai observé tes membres articulés, souples, remuer sur le lit pendant que tu rêvais. Le bois fin de ton front lustré brillait à la lumière du jour. Il ne semblait pas y avoir de fils ou de tiges qui auraient servi à t’animer. Bien que tu puisses bouger par ta propre volonté, tu étais une marionnette. De belle fabrication, aux proportions harmonieuses, mais quand même de bois. J’ai cherché le mot exact. Une marionnette, était-ce bien cela? J’ai changé d’idée par la suite, mais les premiers matins, c’était le meilleur mot que je pouvais trouver.

         Bien entendu, je me croyais malade. Je pensais que quelque chose n’allait pas. En fait, j’aurais dû me fier à mes intuitions. La maladie n’expliquait pas tout, mais elle était plus près de la vérité que la plupart des idées qui m’étaient venues à l’esprit jusqu’alors. Selon moi, j’imaginais des choses, j’hallucinais. Pourtant, j’étais éveillé. Je ne dormais pas. Les vives douleurs que je ressentais au tibia et le goût désagréable que j’avais à la bouche m’en convainquaient suffisamment. Or, il ne faisait aucun doute que mes sens me trompaient. Mes yeux, ou mon esprit malade, déformaient les choses. Ce n’était pas toi que je voyais. Les choses n’étaient pas ainsi.

J’ai fui au bureau sans te réveiller, mais aussitôt arrivé, j’ai appelé à la maison pour te souhaiter un bon début de journée. Tu m’en voulais de ne pas t’avoir tirée du lit, de t’avoir mise en retard au bureau. J’étais soulagé d’entendre ta colère. Ta voix n’avait pas le timbre du bois; l’exaspération de tes questions n’avait rien de l’expression des marionnettes. Tu serais vraiment toi-même lorsque je rentrerais à la maison. Tu aurais de la chair. Ton corps serait fait d’os recouverts de peau. Tout irait pour le mieux.

Non, tu n’étais pas toi-même. Tout n’allait pas pour le mieux.

Combien de temps ai-je mis pour me rendre compte que mes yeux ne me trompaient pas, que mon esprit ne défaillait pas? Combien de temps ai-je regardé ton visage lisse dans l’espoir d’y voir une bouche s’ouvrir lorsque tu parlais? Pendant combien de nuits ai-je tendu le bras vers toi pour sentir entre mes doigts les anneaux et les tiges crochetées des articulations à l’endroit où aurait dû être ton genou ou ton coude? Un horrible spasme de dégoût s’emparait de mes jointures quand ma main ne trouvait pas la concavité des ligaments ou l’angle saillant d’un os. Il n’y avait rien de la subtilité et de la complexité dont est fait le corps humain. Pas de disque flottant qui te servirait de rotule, seulement un raccord de fines pièces métalliques dans l’espace qui sépare les chevilles soigneusement effilées.

J’ai eu du mal à trouver un mot pour te décrire. Tu n’étais pas une marionnette. Si tu en étais une, il y aurait des ficelles. Il existait sûrement un mot qui puisse décrire ta réalité, mais aussi longtemps que ce mot m’échappait, je pouvais me convaincre que la situation n’était pas du tout réelle. Peu importe le temps que j’ai mis à me persuader finalement que ce que je voyais était vraiment toi, c’était encore trop peu. J’aurais pu vivre dans le doute jusqu’à ce que nous soyons assez vieux pour que la question n’importe plus. Ce que je ne peux pas supporter, en fait, c’est la certitude que mes sens ne me trompent pas.

Une nuit, alors que je te regardais, assis sur la chaise près du lit, le mot m’est venu : le mannequin en bois d’un sculpteur, une de ces poupées articulées, montées sur un socle de bois, qui servaient dans les cours d’arts plastiques à nous rappeler la forme et les proportions exactes du corps humain. Ce moment a été terrible. Le soulagement de la reconnaissance a immédiatement fait place au désespoir. J’étais maintenant certain qu’il ne s’agissait pas d’une hallucination.

Je n’ai jamais pensé que tu t’étais changée en bois du jour au lendemain, que la transformation venait juste de se produire. En fait, tu as probablement toujours été ainsi. Je ne l’avais simplement jamais remarqué. Sur les photos de notre mariage, que je regarde attentivement maintenant, je peux voir que tu étais déjà un mannequin. Pas de mariée rougissante à fossettes, pas de large sourire sous le voile. Seulement l’ovale inexpressif de ta tête au-dessus de la dentelle de ta robe blanche, et moi à tes côtés, fier et bercé d’illusions. Ai-je cru alors que tu m’avais berné? Oui, en partie. J’avais certes le sentiment d’être trompé, mais je ne savais pas trop par qui au juste. Je me sentais comme si on se moquait de moi, comme si j’étais la victime d’une farce monstrueuse.

Ce qui me dérangeait le plus à ce moment-là c’était d’avoir mis beaucoup de temps à me rendre compte de ton état. J’étais dupe depuis si longtemps : c’était humiliant. Je me suis demandé combien de personnes savaient que j’ignorais tout de la situation. Maintenant que je pouvais voir que tu étais un mannequin de bois, il m’était impossible d’imaginer que d’autres personnes aient pu ne pas le remarquer. Qu’ont pensé les gens de moi pendant toutes ces années? Ils ont dû se poser les mêmes questions que moi. Comment avais-je pu me laisser tromper ainsi? J’imaginais les gens se moquer de moi et railler ma crédulité dès que j’avais le dos tourné. J’imaginais que tu riais aussi de moi, dans ta tête ovale et sans fissures.

La paranoïa et le réflexe de honte n’ont pas complètement disparu, mais j’aime croire que je suis plus fort que cela. J’aime à penser que je ne suis ni suffisant au point de m’inquiéter exagérément de ce que les gens pensent, ni orgueilleux au point d’être incapable d’admettre une erreur.

Toutefois, était-ce vraiment une erreur? Aussitôt que je me suis convaincu que tu étais bien en bois, j’ai commencé à observer la conjointe des autres hommes. Les autres femmes étaient-elles comme toi? Les autres hommes épousaient-ils des mannequins de bois? Était-ce normal? Les épouses étaient-elles toutes faites ainsi? Je prenais les photos que les gens gardaient sur leur bureau et je faisais semblant de les admirer. J’en scrutais intensément les sujets afin de vérifier si c’était bien des visages que je voyais, si les faciès étaient vraiment faits de chair ou seulement de bois d’érable blanc au vernis reluisant. Je n’étais pas le meilleur juge, cependant. J’avais été marié toutes ces années sans savoir que c’était à un mannequin. Comment pouvais-je faire confiance aux jugements instantanés que m’inspiraient ces photos de petit format ou les coups d’œil furtifs jetés aux prétendues vraies femmes que je voyais chaque jour?

J’ai fini par arrêter de me demander si toutes les femmes étaient en bois, mais pas de m’interroger sur la signification de tout cela. Je ne pouvais pas renoncer à ce qu’il y ait un sens, sauf que je n’acceptais pas non plus de me satisfaire d’une réponse facile. Il ne s’agissait pas d’une fable féministe. En fait, tu n’étais pas en bois, mais plutôt le bois. Tu es toujours restée la femme que j’ai connue : intelligente, singulière, pointilleuse sur certains points de discussion sans importance, mais trop généreuse quant aux grandes questions. Envisagée comme l’idée que j’avais de toi, comme la personne avec qui je vivais, tu étais toujours belle, toujours toi-même. Le fait que tu sois en bois ne prévalait que lorsque je te regardais. Tu avais toujours été comme cela. Ce n’était pas quelque chose que je t’avais fait. Pourquoi donc alors me sentais-je responsable de ta situation? Pourquoi mon état d’esprit hésitait-il entre le sentiment d’être floué et l’impression de t’avoir causé quelque chose d’horrible et d’impardonnable?

Alors que, couché à côté de toi sur le canapé, je caressais le fuseau effilé de ton bras, je me suis surpris une nuit à me demander nonchalamment si tu pouvais bien flotter. La scène du test de flottaison s’est alors mise à jouer dans ma tête. Nous descendions au canal, à l’endroit où on peut louer un canoë ou un pédalo. Je te prenais dans mes bras comme si j’allais te faire franchir le seuil d’une maison. Au lieu de cela, je te jetais à l’eau. Dans cette sombre rêverie, je te regardais t’éloigner du rivage en flottant, et le courant tranquille du canal t’emportait au loin. Sur le canapé, j’ai subitement serré ton bras un peu plus fort. Dans un murmure plein de sommeil, tu as exprimé le désir d’aller au lit.

Le fait de savoir vraiment de quelle matière tu étais faite devenait un obstacle entre nous. La simple impossibilité d’admettre la vérité dans nos conversations alimentait une tension constante. Tu devais savoir que j’avais finalement pris conscience de la réalité. Tu devais avoir attendu des années que je remarque les faits. Pourquoi ne m’as-tu rien dit? Étaitce à moi de faire les premiers pas? Ne pouvais-tu voir que j’étais retenu par la honte? Il m’était trop difficile de reconnaître que je n’avais rien su pendant toutes ces années et il était trop tard maintenant pour parler de la situation. Je ne pouvais même pas dire les mots à voix haute. J’ai bien essayé de m’exercer à les prononcer. Un jour où tu étais sortie, je me suis enfermé dans la salle de bain, puis j’ai répété la même phrase, encore et encore : « Ma femme est en bois. Ma femme est en bois. » Mais je ne pouvais pas parler fort, ni même sans que ma voix ne tremble d’embarras. Quand je me suis aperçu dans le miroir, j’ai dû arrêter. C’était comme si on m’avait attrapé en train d’essayer de changer en bois le corps de ma femme, et non pas de m’habituer à l’idée que tu avais toujours été comme cela.

Il y avait des moments où je croyais que c’était le but recherché, qu’il s’agissait d’un canular sophistiqué. Aussitôt que j’aurais dit : « Chérie, je ne peux plus taire la vérité. Je sais que tu es en bois », je serais tombé dans le piège. Et peut-être que ce qui était vrai ne le serait plus, alors.

Tu jetterais sur moi un regard d’incompréhension absolue. Ton nez se plisserait, dilatant tes narines. Tes sourcils se fronceraient, ne laissant plus qu’une mince fente à la place des yeux. Tu me dévisagerais avec un air… de quoi? De dégoût? D’indignation? Un regard que seul un visage humain − vivant, fait de peau tendue sur des muscles mouvants − était capable de lancer. Toute la situation se serait inversée. Je me serais fait prendre et je t’aurais perdue encore plus irrévocablement que si tu avais dérivé le long des rives du canal. Même après tous ces mois, je n’étais pas certain d’avoir raison. Je ne voulais pas admettre que tu étais ce que tu étais, juste au cas où tout ceci ne serait qu’une terrible erreur, que c’est chez moi que quelque chose n’allait pas, et non chez toi.

Je voulais que ce soit toi qui parles. J’ai essayé de te pousser à aborder le sujet. Au cours des deux derniers mois, j’ai loué trois fois Sacré Graal des Monty Python. Chaque fois que nous regardions le film, j’attendais la scène de la sorcière. Celle où les villageois, après avoir attrapé une femme qu’ils pensent être une sorcière, veulent la brûler. Dans une parfaite logique médiévale, sire Bédivère leur explique qu’on brûle en fait les sorcières parce qu’elles sont en bois. Donc, selon lui, on peut s’assurer qu’une femme est bien une sorcière en… Il s’arrête alors, attendant que quelqu’un complète sa pensée. La plupart des villageois continuent de scander « Brûlons-la ! Brûlons-la ! », mais dans la foule un personnage s’écrie : « Qu’on se serve d’elle pour construire un pont ! » À ce moment précis, chaque fois, je te lançais un regard lourd de sens, accueillant et ironique, qui servait d’invitation à me parler. Tu n’as toutefois jamais saisi ce regard. Tu ne m’as jamais regardé. Ta tête ovoïde restait immobile, tournée vers la télévision, et tu me laissais de mon côté à bouillir de colère et de frustration.

Depuis l’épisode avec Bédivère et même avant, les propriétés physiques du bois m’obsédaient de plus en plus. Je ne pouvais pas m’empêcher d’y penser. J’essayais de résoudre l’énigme de différentes façons, comme si, en arrivant à penser comme Bédivère, je pourrais réussir à comprendre pourquoi tu étais de bois et quel message je devais tirer de ta nature. Or, je n’ai jamais pu déchiffrer le sens de tout cela. En revanche, je me suis surpris à penser à quel point j’étais chanceux que tu sois devenue ma femme, qu’on t’ait façonnée ainsi et non pas, disons, en barreau d’escalier ou en bâton de baseball. J’avais en fait beaucoup de mal à chasser de mon esprit l’image de la scie à main. J’imaginais constamment deux rangées opposées de dents triangulaires mordre dans les fibres de ton torse, ouvrir une brèche remplie de sciure. Je me suis mis à penser au fait que tu puisses brûler. Je pouvais difficilement travailler parce que j’avais peur que tu prennes feu. Je t’appelais constamment pendant la journée pour m’assurer qu’il n’en était rien. J’étais terrifié à l’idée de te perdre. Un jour, nous avons eu une terrible dispute parce que tu voulais aller voir les souffleurs de verre au centre culturel Harbourfront. Je ne pouvais pas supporter l’idée que tu sois si près d’un fourneau. Je ne pouvais cependant pas te le dire. Alors, tu as simplement pensé que j’étais égoïste.

Chaque fois que nous allions au restaurant, j’éteignais les bougies sur la table. C’était devenu une obsession pour moi de te protéger contre le feu. Ma tête faisait jouer des tragédies jusqu’à leur fin implacable. J’avais des visions terrifiantes de ton corps léché par les flammes; ton vernis bouillonnait sous l’oscillation des vagues bleues. Je voyais tes surfaces lisses se fissurer et se racornir, ta silhouette de mannequin se réduire à un squelette carbonisé de tiges et d’articulations métalliques. Quand j’ai commencé à faire de l’insomnie par peur de faire de tels cauchemars, j’ai su que c’était fini entre nous. J’avais déjà commencé à nous verser du vin chaque soir devant le foyer. Déjà, tu m’avais dit quelque chose à propos de tout ce pin sec que je mettais régulièrement dans le feu depuis peu. Tu détestais les craquements du feu, ses crachotements et les étincelles qu’il produisait lorsque nous essayions de parler ensemble.

Je devais m’en aller avant que les choses ne s’aggravent. Je savais maintenant, irréfutablement, que c’était ma faute. Même si je ne pouvais pas dire exactement l’erreur que j’avais faite, je savais que je devais être tenu responsable de la situation. Pour une raison quelconque, tu es en bois. Or, ce fait m’incrimine. Il témoigne de mon échec.

Peut-être, après toutes ces réflexions, que la faute me revient parce que je ne suis pas moi-même en bois.

Je m’en vais, maintenant. Quand tu reviendras, tu trouveras cette feuille de papier au lieu de me retrouver, moi. Je me devais de partir. En fait, je ne peux pas imaginer ce que j’aurais fait si j’étais resté − ou plutôt si, je le peux tout à fait, mais voilà précisément pourquoi je dois m’en aller. Depuis maintenant six mois, je vis avec la connaissance horrible de ton état et, pour la première fois, je suis capable d’écrire les mots « Ma femme est en bois ». Je ne crois pas un jour encore les dire à voix haute, mais ils résonneront dans ma tête comme des railleries d’écoliers, comme un mantra, comme la mémoire de quelque chose de bête que ma bouche a lâché un jour.

Adieu. Je ne te ferai pas l’insulte de te présenter de plates excuses. J’espère seulement qu’il te sera d’une aide quelconque de savoir que je souffre de cet échec, et que j’en souffrirai toujours. 

Paul Glennon
Paul Glennon is the author of two collections of stories, How Did You Sleep? and The Dodecahedron or A Frame for Frames, and the children’s novel Bookweird. He lives in Ottawa where he works in the software industry. This story was originally published in How Did You Sleep? by the Porcupine’s Quill in 2000 and reprinted with the authorization of the author and publisher.

Maxime Bédard
Maxime Bédard est traducteur à la fonction publique du Canada et explorateur d'imaginaires littéraires pour son propre compte.